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AVEC LA PEAU DES AUTRES
24 AOUT 1966

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Réalisation |
Jacques DERAY |
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Scénario |
Jacques DERAY José GIOVANNI |
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Photographie |
Jean BOFFETY |
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Musique |
Michel MAGNE |
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Production |
Eugène TUCHERER Les films MONTFORT |
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Distribution |
VALORIA FILMS |
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Durée |
90 minutes |
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Pascal Fabre |
Lino VENTURA |
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Margery |
Jean BOUISE |
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Weigelt |
Jean SERVAIS |
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Anna |
Marilù TOLO |
Un chef du Service de Renseignements français est envoyé en mission à Vienne afin de tenter de découvrir la provenance des fuites enregistrées durant les derniers mois. Là se trouve Marjory, son correspondant local, chef du réseau, individu équivoque et inquiétant, un pied-bot ajoutant encore au malaise émanant de sa personne. Un entretien a lieu entre les deux hommes qui se connaissent de longue date. Marjory, qui doit remettre un important dossier, se sait traqué, épié, poursuivi. Trouvant refuge chez des amis, il ne fera que se précipiter dans la gueule du loup et sera livré à l'ennemi par un ami contraint par le chantage. L'intervention de son chef de service arrivera trop tard. Seuls seront récupérés les microfilms : Marjory, enlevé par les agents d'une puissance étrangère, n'a pas parlé sous la torture, mais, épuisé, s'est suicidé. Etait-il ou non un agent double : un mystérieux rendez-vous du lendemain donnera enfin la clef de l'énigme.
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Etrange film oublié de la filmographie de Lino VENTURA que ce "Avec la peau des autres". Coincé entre "Ne nous fâchons pas" et le fabuleux "Le deuxième souffle", ce film avait sur le papier toutes les chances de réussir. En effet le réalisateur n'est autre que Jacques DERAY que le public a pu découvrir dans deux œuvres sympathiques à défaut d'être transcendantes "Du rififi à Tokyo" et "Symphonie pour un massacre". Le réalisateur qui continue d'apprendre sur le tas peut compter sur l'aide de José GIOVANNI pour les dialogues un spécialiste du polar. Voici donc Lino VENTURA de retour dans le rôle d'un espion solide et bourru. Je n'apprécie pas du tout les films d'espionnage qui sont pour moi une sorte de torture cinématographique. Manque de bol, le genre est tout à fait à la mode dans ces années 60, période reine de la guerre froide. James BOND a rendu le mode populaire et fun, mais en général le genre est très sérieux et est une spécialité anglo-saxonne. Même Alfred HITCHCOCK a repris du collier dans le genre. Jacques DERAY s'applique et livre tous les poncifs indispensables du genre. Le rythme est assez lent et le spectateur doit suivre le fil de l'intrigue, toujours un peu confus pour celui qui n'apprécie pas les films d'espionnage.
Nous retrouvons donc Lino VENTURA à Vienne, bien sûr, ville propice à l'ambiance glauque du propos. L'intrigue prend du temps pour s'installer. Pascal Fabre rencontre son premier contact après une longue séance située à l'Opéra. Celui mourra naturellement peu après. Margery est ensuite présenté, c'est un homme anxieux, épuisé moralement. La bonne nouvelle est que Jean BOUISE joue le rôle. Un acteur des plus sympathiques qui trouve là un bon rôle à l'écran. Un bon temps de présence, même si le rôle n'est pas très sexy. Fabre va le sauver de la menace de deux hommes d'une organisation inconnue, une bonne balle de silencieux dans le dos et puis c'est marre. Margery demande de l'aide à Weigelt un agent qui possède une couverture officielle des plus recommandables. Evidemment les deux hommes sont victime du secrétaire de Weigelt qui les espionne par la porte et qui va donner Marjory. ce dernier qui va devoir jouer double ou triple jeu pour tenter de faire tomber Fabre. Un rôle de crapule veule joué par un Jean SERVAIS un peu sur le retour et loin des rôles qui l'ont rendu célèbre comme "Du rififi chez les hommes". Weigelt simule son assassinat à Fabre qui tombe dans le panneau, mais la ruse fait long feu. L'enquête se déroule lentement. Fabre remonte la piste et retrouve Margery qui s'est ouvert les veines du cou avec un morceau de verre. celui-ci meurt dans ses bras. Au final Fabre descendra un espion Chinois cause des malheurs de Marjory. Le film mélange toutes les nationalités connues du monde l'espionnage, et les poncifs aussi. Les méchants jouent aux échecs et viennent des pays de l' Est, chacun espionne tout le monde, et le moindre rencontre entre deux espions se finit inéluctablement par la mort de l'un des deux, en l'occurrence c'est Fabre qui possède la fâcheuse tendance à descendre tout le monde.
Et Marilu Tolo dans tout cela ? Anecdotique tant son rôle est cantonné à peu de choses. Prisonnière la majorité du film, on l'aperçoit de temps en temps à travers une vitre.
Bref, c'est un film qui n'apportera satisfaction qu'aux amateurs du genre, les autres trouveront le temps long et le scénario bien convenu. Lino VENTURA livre une prestation sobre ans éclat particulier.
Malgré une bonne affiche, le public semble d'accord avec ce constat et le film prend un départ médiocre lors de sa sortie parisienne qui a lieu fin août 1966 annonçant la rentrée cinématographique. Le film ne parvient pas à réaliser le million de spectateurs en France rappelant en cela la contre performance de "La métamorphose des cloportes". Sans Lino, le score du film aurait sans doute été encore bien plus faible. En un an Lino aura compté deux succès et deux échecs. Mais Lino pourra surement compter sur "Le deuxième souffle" réalisé par Jean-Pierre MELVILLE, un film de gangsters de haute qualité.
Jacques DERAY a livré un film correct mais sans réelle personnalité. Difficile de prédire à l'époque qu'il livrera trois ans plus tard un chef d'œuvre de la trempe de "La piscine".
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CATEGORIE |
RANG |
NOMBRE |
SALLES |
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ENTREES FRANCE |
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952 422 |
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ENTREES PARIS |
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182 047 |
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Détail entrées Paris |
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1ère semaine |
6 |
11 900 |
2 |
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2ème semaine |
12 |
17 883 |
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3ème semaine |
11 |
14 851 |
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Nombre de semaines Paris |
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3 |
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Moyenne salles Paris 1ère sem |
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5 950 |
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Box office annuel Espagne |
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408 015 |
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Cote du succès |
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* * |
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