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LE TRAIN
1er NOVEMBRE 1973

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Réalisation |
Pierre GRANIER DEFERRE |
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Scénario |
Pierre GRANIER DEFERRE Pascal JARDIN |
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Photographie |
Walter WOTTITZ |
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Musique |
Philippe SARDE |
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Production |
Raymond DANON LIRA FILMS |
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Distribution |
20th CENTURY FOX |
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Durée |
100 minutes |
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Tournage |
05/06/73-06/08/73 |
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Anna KUPFER |
Romy SCHNEIDER |
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Julien |
Jean-Louis TRINTIGNANT |
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Julie |
REGINE |
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Maurice |
Maurice BIRAUD |
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Le commissaire |
Paul LE PERSON |
L'Allemagne envahit l'Europe. Dans un petit village du Nord de la France, Julien Maroyeur fuit avec sa femme, Monique, enceinte, et leur fillette. Tandis que Monique trouve une place assise dans une voiture de voyageurs, Julien doit se contenter d'un wagon à bestiaux. Là, il fait connaissance de quelques individus mesquins, râleurs ou sympathiques, rendus veules par la peur. Parmi eux, se trouve Anna, une jeune Allemande qui fuit ses compatriotes, car elle est d'origine juive. Le lendemain, au réveil, Julien s'aperçoit que le train a été coupé en deux: sa femme a disparu. Sorti de son milieu habituel de morne grisaille, il se sent attiré par Anna. Tous deux s'aiment avec une passion d'autant plus violente qu'ils la savent condamnée. Le train traverse, en ce beau printemps de 1940, une France à la nature en fête, sur laquelle pèse déjà la menace nazie. A un moment, le train est mitraillé par un avion; le sang coule... A La Rochelle, terme du voyage, Julien apprend que sa femme se trouve non loin, dans une clinique où elle a accouché. Julien et Anna se séparent. Trois ans s'écoulent. Julien est rentré chez lui avec les siens; sa vie tranquille a repris. Mais, un jour, un commissaire faussement bonasse, demande à Julien d'identifier une "suspecte" qui n'est autre qu'Anna. Malgré sa famille, son existence rangée, sa frayeur, il ne résiste pas à se perdre avec elle. Pour elle!
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Pierre GRANIER DEFERRE adapte une nouvelle fois un roman de Georges SIMENON après les réussites artistiques que furent "Le chat" et "La veuve Couderc". Cependant avec son complice Pascal JARDIN il va considérablement modifier la fin du roman. En effet, dans le livre, le "héros" Maurice laisse lâchement Anna se faire fusiller. Dans son film, dans un accès de romantisme, Julien montre son amour pour Anna dans une scène peu crédible, mais d'une efficacité redoutable, tant cette scène fait couler sa petite larme. Une scène finale magnifique, et c'est mieux comme cela.
DEFERRE décrit donc un épisode des plus douloureux de l'histoire de France. Cet exode de 1940 est une trace indélébile dans cette pénible et cruelle seconde guerre mondiale. Les passagers de ce train vont donc faire le trajet entre le nord de la France et la Rochelle et les passagers vont rencontrer bien des mésaventures durant le trajet, allant jusqu'à se faire mitrailler par les avions allemands.
Jean Louis TRINTIGNANT retrouve donc Romy SCHNEIDER dix ans après le "Combat dans l'île". il est devenu une valeur sûre du cinéma français et apporte tout son talent à l'œuvre. En effet, peu d'acteurs sont capable d'incarner à la fois un français moyen sans réelles qualités et un jeune romantique irrésistible. Voyageur paumé qui a laissé femme et enfants derrière lui, il tombe amoureux de la sublime Anna, interprétée à la perfection par Romy en état de grâce, d'une beauté à couper le souffle.
Le couple devra affronter les difficultés de la promiscuité entre des personnes qui n'ont pas vraiment choisi de voyager ensemble dans de telles conditions. De bons acteurs de seconds rôles composent des personnages pittoresques, parfois veules, parfois courageux...Maurice BIRAUD joue un français moyen et plus surprenant REGINE joue une fille facile, un rôle de composition pour "la reine de la nuit" que l'on a pas toujours l'habitude de voir comme ça.
Le réalisateur réussit tout à fait à raconter cette histoire, de la manière la plus réaliste possible dans la mesure d'un budget correct, mais qui ne permet pas les débordements hollywoodiens. Sobriété due à son talent ainsi qu'à du matériel confié par la SNCF. Le film mélange documents en noir et blanc et scènes reconstituées. Du travail bien fait pour un film somme toute romantique, mais qui décrit une période trouble de l'occupation. Paul LE PERSON campe un policier français bien collaborationniste, un sujet qui dérange, mais le cinéma français va de plus en plus traiter cette période avec des films comme "Lacombe Lucien" entre autres.
Le sujet est bien sûr délicat, mais le film parvient à conquérir son public. Les spectateurs français sont encore un peu frileux quant à l'évocation d'un passé pas si loin à l'époque.
Le film attire un peu plus de 1.5 millions de spectateurs en France, ce qui est un résultat convenable. La côte de Romy est toujours aussi élevée, elle retrouvera bientôt Jean-Louis TRINTIGNANT à l'écran.
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CATEGORIE |
RANG |
NOMBRE |
SALLES |
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ENTREES FRANCE |
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1 605 700 |
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ENTREES PARIS BANLIEUE |
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295 605 |
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1ère semaine |
4 |
76 753 |
13 |
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2ème semaine |
3 |
49 955 |
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3ème semaine |
3 |
43 981 |
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4ème semaine |
4 |
33 838 |
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5ème semaine |
6 |
23 240 |
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6ème semaine |
11 |
20 452 |
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Nombre de semaines Paris |
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9 |
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Moyenne salles Paris 1ère sem |
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5 904 |
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Cote du succès |
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* * |
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